5 bonnes raisons d’abandonner la bise à tout jamais

Quel rabat-joie que de vouloir abandonner la bise, me diriez-vous ! C’est quand même une tradition bien française. Et le contact humain dans tout ça ? Il est révolu lui aussi ? Ça ne vous aura pas échappé, pour éviter la propagation du Covid-19, nous avons dû et devons encore favoriser la distanciation sociale. Entre autres gestes barrières, la bise et la poignée de main sont bannies. Est-ce que le Covid-19 va avoir raison de cette pratique qui nous distingue, nous latins du reste du monde ? Mais finalement, ne serait-ce pas mieux ainsi ? N’y a-t-il pas d’autres moyens de se saluer en toute sécurité, sans véhiculer une multitude de bactéries ? Voici 5 bonnes raisons d’abandonner la bise à tout jamais.

L’abandon de la bise pour des raisons sanitaires

D’un point de vue sanitaire, la bise est une absurdité. En ces temps de Covid-19, vous l’aurez compris : une simple bise suffit à contaminer l’autre. Rappelons que le Covid-19 se transmet par les postillons, tout comme la grippe traditionnelle. Si on éternue, même dans le pli du coude, on recouvre son visage de particules virales. De même, on porte ses mains en moyenne 60 fois à sa figure en une heure. Et difficile à contrôler tellement on ne s’en rend pas compte. La boucle est bouclée. Ainsi, le principe de précaution s’applique : la bise est dorénavant proscrite de nos habitudes sociales.

Pour certaines personnes, c’est une aubaine. Elle n’est pas toujours recherchée, bien au contraire. À la différence de la poignée de main, qui elle impose une distance naturelle entre les corps, la bise réclame un contact de peau contre peau. Elle suppose d’entrer dans la sphère intime de l’autre, au risque d’y trouver une joue moite, ou un contact trop appuyé de la bouche.

La bise, une convention aujourd’hui vide de sens

Nous constatons aujourd’hui que tout le monde embrasse tout le monde. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, la bise était réservée aux cercles familiaux et aux couples, et initialement effectuée entre femmes. Durant l’antiquité, on trouve déjà des pratiques se rapprochant du baiser, notamment dans des écrits grecs. Au moyen-âge, il se donne entre un seigneur et son vassal et est alors le symbole d’un honneur rendu. Au XIVe siècle, la pratique recule avec l’arrivée des épidémies telle que la peste noire, qui décime alors l’Europe. La bise sous forme de baise-main revient dans la haute société, après la Première Guerre mondiale et sur la joue dans les classes populaires. C’est à partir des années 1970, que la bise s’invite au bureau, dans l’idée de gommer les barrières hiérarchiques.

C’est ainsi que ce signe qui se prétendait à l’origine une source d’affection, prend la forme progressivement d’une convention vide de sens. Elle est même vécue par certains comme étant une contrainte, une pression sociale : le rituel de la tournée générale de bises en arrivant dans l’open space. On en arrive aussi à se sentir obligé parfois à embrasser des personnes qu’on ne connaît pas ou peu. Tout cela pour illustrer un signe d’appartenance à un groupe, bien loin, de ce qu’on pourrait éprouver intérieurement.

La bise peut être source de malentendus

C’est ainsi, qu’on fait face à des questionnements qui peuvent être source de malentendus et de gènes. On peut par exemple se demander si on doit embrasser une collègue si on est un homme, ou encore l’embrasser au risque d’être intrusif ou ne pas le faire au risque d’être impoli ou indifférent. Nous pouvons même pousser la réflexion jusqu’à considérer la bise comme une injonction sexiste. Alors que les hommes sont libres de se serrer la main, la bise est imposée aux femmes ou attendue d’elles. Saluer tout le monde de la même manière ne serait-il pas faire un pas pour lutter contre le sexisme ordinaire ? Certes, la bise entre hommes existe aujourd’hui. Mais elle est davantage claquée entre deux amis proches. Évoquer la bise, c’est aussi aborder la question du consentement. Qui n’a pas le souvenir d’avoir été forcé par ses parents, enfant à « faire un bisou à la dame », qui nous était totalement inconnue ? Tout cela pour prouver à quel point ils nous avaient bien élevés.

Considérons également le nombre de bises : de une à quatre, selon les régions. De quoi s’y perdre ! Et de mettre un vent à son interlocuteur. Et ne parlons même pas de qui de la joue droite ou de la joue gauche sera tendue la première.

La bise et les partisans du no kiss

Cette idée du no kiss a émergé sur les réseaux sociaux au début de la crise du coronavirus. On peut y trouver des réactions enflammées à coups de hashtags #antibise. Cette insurrection contre la bise semble remporter l’adhésion d’une partie des Français qui milite pour son usage essentiellement à la sphère privée.

Traduisant un ras-le-bol de la bise généralisée au fil du temps, elle n’est toutefois pas vouée à être bannie à tout jamais. En effet, l’éradiquer reviendrait à occulter l’un des sens essentiels de la vie : le toucher. En France comme dans de nombreux pays latins, on se touche pour se saluer, pour remercier. La bise est considérée comme un signe de reconnaissance identitaire : un moyen de dire à l’autre « tu existes pour moi et tu n’es pas un inconnu ». Et finalement, libre à chacun de lui donner du sens et de positionner son propre curseur.

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Quelle alternative à la disparition de la bise ?

C’est bel et bien cette reconnaissance de l’autre qui est recherchée avant tout. On peut donc naturellement envisager d’autres alternatives qui répondraient à ce besoin de contact humain. D’ailleurs, de nombreuses civilisations adoptent d’autres rituels qui sont tout autant légitimes. Prenons l’exemple du salut à distance à l’oriental, le Namasté, le Wai (on joint les deux paumes de main sur la poitrine, les doigts tendus vers le haut et on se penche vers la personne), la paume contre le cœur au Maghreb et dans les pays musulmans.

Si besoin, on sait être inventif aussi : le foot-shake, l’air-shake (on mime une poignée de main, mais de loin), le salut vulcain de la série Star Treck (les doigts écartés en V). En toute simplicité, pourquoi un petit signe, un simple regard appuyé, sincère, accompagné d’un sourire ne remplirait pas cette mission, celle du contact ?

Serait-ce l’histoire d’un basculement ? Ces souvenirs d’embrassade appartiennent déjà peut-être à l’Ancien Monde. Que deviendra alors la bise dans ce Nouveau Monde ? Seul l’avenir nous le dira. Nul besoin pour autant de bouder autrui ou de passer pour un asocial. Sachez que d’autres moyens de montrer son affection et sa reconnaissance à l’autre existent. Un sourire peut valoir mille bises, encore plus s’il est chaleureux et sincère. Allez, je vous laisse, je vais vaquer à mes occupations. Bisous !

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