Raphaël : « J’ai épousé une connasse qui n’a jamais su aimer »

Raphaël a 49 ans, c’est un père célibataire de 3 enfants qui ont respectivement 21 ans, 18 ans et 15 ans. Depuis son divorce, ses enfants vivent avec lui. Il travaille dans une collectivité à Fort-de-France. C’est quelqu’un de charmant, qui a le sens de l’humour et qui a une certaine sensibilité. Je l’ai rencontré par hasard alors que je travaillais comme animatrice dans un supermarché. Sur son profil sur les réseaux sociaux, il poste souvent des photos de ses enfants, son jardin et ses animaux. Un profil banal me direz-vous! Et pourtant, je n’en reviens toujours pas de tout ce qu’il m’a confié. Au début, j’ai voulu l’interviewer pour mettre en lumière son parcours en tant que père célibataire de 3 enfants. Quelle ne fut ma surprise quand j’ai entendu son histoire dans les moindres détails.

Par souci d’anonymat, les prénoms des protagonistes ont été modifiés.

Toutes les informations qui sont dans cet interview ont été vérifiées, preuve à l’appui : photos, plaintes, journal intime…

1. Depuis combien de temps es-tu père célibataire?

« Depuis 2013, ça fait 6 ans… »

2. Comment es-tu devenu père célibataire?

« J’ai épousé ma femme en Mars 1994. J’avais 23 ans et demi, c’est la mère de mes enfants. Je l’ai épousé par amour, on avait pas mal de difficultés au départ, avant même de se marier. C’était une personne qui se mettait facilement en colère mais je lui trouvais toujours des excuses. Quand tu épouses quelqu’un tu acceptes les inconvénients de la vie, on va pas s’amuser à changer de femme dès que quelque chose ne va pas. Naturellement, on a emménagé ensemble et quelques temps après son père a voulu nous séparer en l’envoyant en France chez sa sœur. À peine arrivé en France, y’a eu un scandale…Elle a couché avec le mari de sa sœur. Elle m’a donné une version que j’ai cru malheureusement : le mari de sa sœur insistait lourdement et elle a cédé pour avoir la paix. On m’a donné une autre version il y a 4 ans : c’est elle qui se montrait aguicheuse, elle voulait voler le mari de sa sœur et la mettre à la porte de son propre appartement. Je ne savais pas que j’avais épousé une femme manipulatrice qui avait déjà un problème psychologique voire psychiatrique. »

Naïve : « Les parents ne t’ont pas avertis de son problème? Ils sont sûrement au courant. »

« Personne ne m’a rien dit du tout. Après cet incident, je lui ai pardonné même si j’avais mal. Je l’ai épousé, j’ai fait ma vie avec elle. On a eu notre premier enfant, c’est moi qui gérait tout de A à Z, c’était un peu compliqué. C’est une personne très égoïste qui est souvent centrée sur elle-même. Je passais mon temps à la calmer, je me souviens qu’un jour pendant une dispute en voiture, elle a voulu sauter de la voiture en marche. J’ai eu le temps de la retenir…Elle était enceinte de notre premier fils. Une autre fois, alors qu’elle était enceinte de notre deuxième enfant, nous étions partis dans un centre commercial pour acheter une robe mais notre fils à commencer à pleurer parce qu’il avait faim. On a dû écourter cette sortie et une fois dans la voiture, elle s’est mise à se donner des coups de poings dans le ventre alors qu’elle était déjà enceinte de 6 mois. J’en ai parlé au médecin…qui a minimisé les choses. Puis, on a eu notre deuxième enfant. Un jour, mon deuxième fils a eu une gastro-entérite, elle est partie avec la voiture, nous n’avions qu’un véhicule à l’époque et mon fils a failli mourir de déshydratation. C’est mon beau-frère qui m’a tout de suite emmené à l’hôpital. On se disputait souvent au sujet de la garde des enfants, elle ne voulait jamais les surveiller. Dès qu’il y avait des rendez-vous médicaux, c’est moi qui m’en chargeait. C’était comme ça en permanence. J’avais accepté que ma vie soit comme ça. »

Naïve : « Tu as beaucoup supporté…Certaines personnes auraient déjà divorcé… »

« Je l’avais épousé avec ces difficultés. Je ne me sentais pas malheureux. Au fil du temps, j’ai commencé à me plaindre un peu de cette situation. J’étais en pleine période électorale, je suis allé voir un ami et je lui ai dit : « Tu sais, elle me pourrit la vie à la maison » et lui il m’a répondu : « Mais tu ne vois pas qu’elle a un trouble du comportement? » Et c’est là que j’ai commencé à ouvrir les yeux, à l’observer… J’ai le syndrome du sauveur, je suis toujours dans l’empathie. Mon aîné avait 10 ans à l’époque, je lui ai demandé si sa mère cuisinait quand je n’étais pas là et il m’a avoué que c’est lui qui faisait à manger pour tout le monde quand j’étais absent. Elle ne voulait pas faire la vaisselle alors elle achetait des couverts en plastiques pour la maison. »

« On a commencé à se faire suivre par un prêtre, on se disputait souvent et je voulais arranger les choses. On a renouveler nos vœux de mariage, après 15 ans de vie commune. »

« Un jour, je rentre à la maison plus tôt, elle avait oublier de fermer sa session d’ordinateur et là, je découvre 216 pages de courrier à caractère sexuel qu’elle adressait à un autre prêtre de la paroisse. Elle faisait croire que c’est le prêtre qui l’écrivait, il y avait les réponses et les questions. Je tombe des nues, il est 2h du matin, je la réveille en lui demandant « c’est quoi ces conneries?? ». Elle me répond : « Qu’est-ce que tu fais sur mon ordinateur? Tu viens de briser mes rêves! ». Le lendemain matin, je vais voir le prêtre pour lui casser la gueule parce que je pensais qu’ils entretenaient une relation. Ce n’est qu’après que j’ai compris qu’elle s’écrivait à elle-même, qu’elle faisait les questions et les réponses. Il n’y avait rien du tout, elle s’était fait son film toute seule. Elle me demande pardon alors je lui pardonne. Cependant, quelques temps après le prêtre commence à recevoir des messages d’un numéro inconnu. Elle lui envoyait 400 sms par mois, ça a duré 3 ans ces conneries. 3 ans d’harcèlement jusqu’au jour où le prêtre en a eu marre et a décidé de porter plainte. (Ndlr : Raphaël me montre la plainte du prêtre et un extrait des messages qu’elle lui envoyait). Elle a installé des croix dans toute la maison, elle écoutait des radios religieuses à fond, tout le temps à la messe, tout le temps en adoration, elle disait que Dieu lui parlait. C’était invivable. Elle a refusé de se faire suivre par un psychiatre. La situation ne faisait que se dégrader, on a vu beaucoup de médecins et de psychiatres. Elle a été interné pendant deux mois. Elle refusait de prendre les médicaments qu’on lui prescrivait. Elle avait pu garder son téléphone et elle téléphonait à ses proches pour dire que je lui faisais des méchancetés. Le médecin m’a annoncé qu’il n’y avait pas de guérison possible pour cette maladie, c’est de l’érotomanie. Je n’avais que deux choix : l’accepter comme ça ou la calmer avec des médicaments. Il n’y a pas de médicaments pour les maladies psychiatriques, il y a juste des médicaments pour apaiser l’état d’humeur de l’individu. »

« En Décembre 2011, elle a voulu se faire confesser par le prêtre qu’elle harcelait. Le prêtre a refusé et elle s’est mise à rouler par terre devant tout le monde. En Mai 2012, elle revient à la charge et le prêtre lui a dit : « Quand je te vois, j’ai envie de vomir », il y avait plus de 700 personnes ce jour-là, c’était la fête de la Pentecôte. Elle s’est à nouveau mise à rouler par terre devant tout le monde, ils ont dû appeler le SAMU. »

Mais avant d’en savoir plus, qu’est-ce que l’érotomanie?

L’érotomanie ou syndrome de Clérambault est la conviction délirante d’être aimé, l’érotomane est persuadé d’être l’objet d’une bienveillance amoureuse, tout autant délirante, de la part d’autrui.

L’érotomane est persuadé d’être secrètement l’objet du désir de quelqu’un, mais il l’est par le biais d’une construction intellectuelle délirante qui vient étayer sa conviction initiale, typiquement de la télépathie, des gestes à la signification secrète connue de lui seul, des messages codés et diffusés dans les médias qu’il est seul à pouvoir déchiffrer ou simplement de regards que lui seul comprend. Il n’aime pas toujours cette personne, mais il est certain d’en être aimé. Il peut s’agir de quelqu’un de son entourage comme d’une personnalité en vue qui n’a pas même la connaissance de l’existence de l’érotomane, mais d’une personne qui incarne à ses yeux une position sociale supérieure, une infirmière, un facteur, un présentateur de télévision, un homme ou une femme politique, etc.

Habituellement, le patient retourne à son « admirateur » l’affection qu’il lui suppose en lui écrivant, en lui téléphonant et en lui faisant des cadeaux. Même quand ses avances sont rejetées par leur destinataire, l’érotomane ne peut pas comprendre le refus qui lui est opposé. Il imagine ce refus comme un stratagème pour cacher au reste du monde leur « liaison » interdite. De là, le délire peut virer, ce qui n’arrive pas toujours, au harcèlement, puis dégénérer jusqu’à une forme de jalousie revendicatrice voire au crime passionnel.

« J’ai épousé une connasse qui n’était pas au rendez-vous de l’amour et qui n’a jamais su aimé… »

« Par la suite, je suis partie en France pour chercher des chiens, elle a laissé mon fils avec un orteil cassé pendant 3 semaines, elle n’a jamais emmené mon fils voir un médecin. C’est à mon retour que j’ai emmené mon fils chez le médecin. Quand je suis rentré, la maison était en désordre (ndlr : Raphaël me montre les photos qu’il a pris de la maison à son retour, la maison est extrêmement sale). Les enfants étaient livrés à eux-mêmes. »

« J’ai dû l’interner aux urgences psychiatriques de la Meynard. On en pouvait plus : tous les soirs, elle écoutait la voix du prêtre qu’elle avait enregistré lors d’une homélie. Elle avait enregistré un numéro qui était censé être au prêtre et elle se répondait elle-même. Elle imitait la voix du prêtre, on est dans le dédoublement de la personnalité. L’équipe psychiatrique a su réagir rapidement. Elle n’a jamais assumé sa folie, c’était toujours moi le fautif, le méchant. Pour se venger de cet énième internement, elle a pris en photo nos accessoires sexuels et elle les a diffusé à toute la collectivité, tout le monde était au courant au bureau. C’est là que j’ai vu sa méchanceté. Elle ne m’a rien apporté en 20 ans de relation, c’était plus une mère porteuse qu’autre chose. J’ai divorcé officiellement le 21 décembre 2017. Elle a quitté le domicile familial en 2013. Elle a refusé l’expertise psychiatrique pour valider le divorce et elle a fait appel. Elle faisait tout pour retarder le divorce. J’ai dû faire intervenir mon avocat pour qu’elle n’utilise pas mon nom de famille. »

« *Nathalie (*prénom modifié) est toujours dans la séduction, elle est toujours ultra maquillée, elle s’habille comme une gamine de 20 ans. Elle déteste qu’on l’appelle par son prénom ou qu’on lui rappelle son nom sinon elle se met en colère. On avait un rapport conflictuel au niveau de l’argent. On est parti une fois en pèlerinage à Medjugorje, on faisait parti d’un groupe de prière et j’ai vraiment cru qu’elle aurait pu être guéri par le Seigneur. Nathalie s’est mise à balancer les chaises dans l’église en Yougoslavie alors que le prêtre nous demandait de nous rapprocher pour prier. »

« Tous les soirs, elle recopiait la Bible, elle disait que Dieu lui parlait. En Décembre 2013, le prêtre a fini par déposer plainte contre elle parce qu’elle le harcelait, elle était persuadée que le prêtre était amoureux d’elle. J’ai fait tout ce que je pouvais en tant qu’homme mais franchement c’était invivable. Elle est dans un délire érotomaniaque, qui ne l’empêche pas de continuer à travailler, à conduire et à faire ses tâches quotidiennes. Quand elle a quitté la maison, elle a commencé à dire aux gens que je la battais et que je lui faisais subir des sévices sexuels. Les gens ont commencé à me calomnier, me salir. J’ai dû prendre 6 mois d’arrêt parce que ça devenait insupportable d’être en permanence pointé du doigt. Jusqu’au jour où le certificat médical de sa maladie est arrivé au bureau, elle a été convoquée par un médecin du travail et c’est à partir de là que les gens ont su pour sa maladie. »

« En Mai 2015, je reçois un coup de fil de Nathalie, elle souhaite revenir…mais elle a des conditions :

  • Les enfants doivent dire au juge des enfants qu’ils n’ont pas souffert avec elle.
  • Le prêtre doit enlever sa plainte.
  • Les médecins de la psychiatrie doivent reconnaître qu’elle n’a aucun problème.

J’ai refusé catégoriquement et elle a commencé à péter un câble. Je lui ai dit que moi aussi j’ai des conditions :

  • Elle doit repartir à zéro avec un nouveau numéro de portable que je pourrais contrôler.
  • Je voulais des excuses publics sur le journal local ( le France-Antilles)

Elle a refusé évidemment.

3. Comment tes enfants ont vécu cette séparation?

« La séparation a été très difficile pour eux, ils ont eu beaucoup de difficultés scolaires. Le dernier a beaucoup souffert ; il a fait pipi au lit pendant 3 ans. Il avait 7 ans et demi quand on s’est séparé alors je lui ai demandé de revenir…pour les enfants. Elle m’a répondu : « Si les enfants sont malades, il y a des médecins pour ça. » Pendant 3 ans, les enfants ont été suivi par des psychologues. Puis ils en ont eu marre d’aller chez le psychologue… Les enfants lui en veulent beaucoup parce qu’elle a gâché notre vie. Les anniversaires passent, Noël passe, le jour de l’an passe, les vacances passent et elle ne fait aucun signe aux enfants. Elle a demandé au juge de voir les enfants 2h juste un samedi dans le mois. Elle n’a jamais pu tenir à sa parole. J’emmenais les enfants et elle ne venait pas. Je n’ai pas peur pour mes enfants concernant leur relation avec les femmes plus tard, ils sont très sociables. J’ai fait le choix d’avoir beaucoup d’amis femmes, d’être entourés de femmes. »

4. Que fais-tu quand tu n’as pas le moral?

« Quand je n’ai pas le moral, je m’évade grâce à mes animaux, mes enfants. Je suis sur mon terrain, je m’occupe l’esprit en faisant mes tâches quotidiennes (comme couper l’herbe, soigner mes animaux, planter des légumes…). Je n’ai pas les moyens pour faire sortir les enfants comme je voudrais, on a pas beaucoup d’activités vu que la situation est un peu compliquée pour moi en ce moment. J’ai encore 6 mois de crédits à supporter vu qu’elle m’a laissé des dettes. Je m’en veux encore d’avoir supporter tout ça pendant des années. »

5. Ta famille t’a t-elle soutenu? Et aujourd’hui?

« Ma famille vit sa vie. Ma sœur passe me voir quelques fois. Je me débrouille avec mes enfants. »

6. Quel est ton rapport au femme aujourd’hui?

« Mon rapport avec les femmes n’a pas changé. J’ai élevé mes standards. Si une femme n’est pas romantique, câline, tendre, je ne sortirais pas avec. Plus jamais, je ne sortirais avec une sauvage qui a mauvais caractère. Je discutais avec un ami psychologue et il m’a dit : « s’il y a deux chevaux dans un parc, un qui est dompté et l’autre qui est sauvage, lequel tu prends? » et moi je lui ai répondu : « le sauvage ». Il m’a dit : « Eh ben non, arrête de te prendre pour Zorro, il faut que tu choisisses quelqu’un qui a du savoir-vivre, arrête d’être attirer par des gens qui ont des problèmes de sociabilité. »

« Au début de ma séparation, j’ai été très dur avec les femmes. J’ai eu beaucoup d’aventures et quand elle voulait s’engager je fuyais. Aujourd’hui, les hommes comme les femmes mentent beaucoup, ils s’inventent des personnages pour pouvoir plaire. Tu peux pas tricher toute ta vie. Pour l’instant, je m’occupe de mes garçons. »

7. Comment gères-tu le quotidien?

« Je gère le quotidien avec les moyens que j’ai, mes amis me donnent des choses pour les enfants. Ma grand-mère m’a appris très tôt à cuisiner et maintenant j’apprends à mes garçons à cuisiner. La mère de mes enfants ne m’aide pas du tout, elle ne sait même pas si les enfants ont de quoi manger. Elle a coupé les liens avec les enfants. »

8. As-tu un message à partager avec les autres pères célibataires?

« Les pères célibataires ne sont pas souvent représentés alors qu’ils sont dévoués. Beaucoup de pères prennent leurs enfants parce que leur mère représente un danger pour les enfants, c’est ce qu’on appelle une mère toxique. J’aurais pu partir de la maison des centaines de fois mais j’ai fait le choix de rester pour mes enfants parce qu’ils n’ont rien demander, et je savais que si je laissais les enfants avec elle, ça aurait été du n’importe quoi. »

9. Qu’attends-tu d’une femme aujourd’hui? Quel genre de femme te plaît maintenant?

« J’attends rien de personne! Je crois encore au mariage mais cette fois-ci je prendrais mon temps. En général, je sors avec des femmes qui me ressemblent, je ne veux plus perdre mon temps. On ne change pas les gens, j’ai toujours eu l’espoir de pouvoir changer la mère de mes enfants mais je me trompais. Les gens mentent beaucoup de nos jours.

(NDLR : Raphaël voit encore son ex-femme sur son lieu de travail mais il ne s’adresse pas la parole. J’ai eu la chance de pouvoir la croiser, c’est une très belle femme, présentable et coquette, c’est impossible de deviner qu’elle a des problèmes psychologiques.)

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