Shaft : Retour fracassant de Samuel Lee Jackson?

Le célèbre inspecteur John Shaft revient sur Netflix. Depuis le 28 juin, vous pourrez retrouver le film Shaft sur Netflix. Dans ce volet, trois générations de Shaft se retrouvent dans cette comédie policière menée notamment par Samuel L. Jackson.

En 1971, sort Shaft, les nuits rouges d’Harlem et ce sera un succès planétaire grâce en partie à la musique originale du film composée par Isaac Hayes. Il va même remporter l’Oscar de la meilleure chanson originale en 1972. John Shaft est joué par Richard Roundtree (qui est le grand-père dans le film de Netflix), c’est un détective noir-américain implacable et téméraire qui opérait à Harlem. Ce film fait partie des premiers succès des productions de la Blaxploitation. Ce genre de film fait réaliser aux studios de production de cinéma l’existence d’une manne financière dans le marché du cinéma : les spectateurs noirs.

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Trente ans plus tard, c’est Samuel L. Jackson qui prend la relève pour jouer son fils, un inspecteur de police aux méthodes peu orthodoxes et au sex-appeal infaillible. Le réalisateur du film, John Singleton va déclarer à ce propos:

« Jusque-là, nous n’avions guère qu’un héros afro-américain : Sidney Poitier. L’entrée en scène de Richard Roundtree nous fit l’effet d’un électro-choc. Dès lors, chacun voulut l’imiter. Aujourd’hui, très peu d’acteurs sont capables de jouer ce type de personnage. Samuel L. Jackson domine le lot. Shaft est un personnage éminemment contemporain qui évolue avec une suprême aisance entre plusieurs mondes. Il est aussi à l’aise dans les bas-fonds de New York que dans les boîtes chics de Manhattan. C’est ainsi que le rôle fut conçu à l’origine, et c’est ainsi que Samuel le joue. »

Pour rappel, la blaxploitation ce sont des films populaires dans la communauté noire car ils montrent des acteurs afro-américains dans des situations d’hommes fiers et libres de leurs choix de vie. Ces personnages noirs résistent aux blancs et leur répondent. Avant, les films holywoodiens des années 1930, 1940 ou 1950 ne montraient les noirs que dans des rôles de danseurs de cabaret, serveurs, bandits ou esclaves.

Une majorité des films de blaxploitation sont de qualité plutôt médiocres, souvent violents et remplis de clichés Ils parlent de prostitution, de drogue, et de meurtre, des stéréotypes. De nombreuses associations afro-américaines ont rejetés ces films.

Aujourd’hui, Netflix nous propose une comédie policière bien loin des codes de la blaxploitation.

Alors, aujourd’hui de quoi ça parle?

Il y a des années de cela, sous les feux d’une fusillade un peu nerveuse, Shaft II tente de protéger sa femme et leur enfant. Rien de bien grave ce soir-là, la routine même, mais Maya se fait la promesse d’élever leur fils loin des pluies de plomb. Une décision radicale qui nous envoie 20 ans plus tard. Shaft II a continué son business depuis Harlem. Shaft III (le fils) est devenu analyste de données au FBI. Élevé sans père, la disparition suspecte de son meilleur ami pourrait bien sonner l’heure des retrouvailles. N’en déplaise à Maya.

Ce que j’ai aimé

  • Samuel L. Jackson, malgré son âge (70 ans) reste séduisant et charismatique. Et franchement, je lui tire mon chapeau. C’est un acteur complet. Même si certains plans rapides n’étaient pas très flatteur et trahissaient son âge, il est présent! Richard Roundtree, lui, a déjà 76 ans! Et on le sent! Il tient une arme à un moment et sa main tremble. Je vous laisse comparer les deux performances.
  • Les blagues : Oui je l’avoue ça vole pas très haut, mais j’ai rigolé…ça m’a bien détendue! Si vous êtes rapidement offensé par les blagues de cul et homophobes passez votre chemin. Shaft incarne la virilité, il a dû mal à cerner son fils qu’il pense être gay, alors tout au long du film, il le vanne sur son orientation sexuelle. C’est un peu grossier mais c’est drôle. On a tendance à dissocier la virilité et l’homosexualité. Même si beaucoup de gays sont effémines, nombreux sont ceux qui ont plus de virilité que des hétérosexuels.
Shaft toujours entouré de femmes
  • La nécessité de moderniser le concept : ça aurait été dommage que la nouvelle génération ne connaisse pas Shaft et que ce personnage sombre dans l’oubli. C’est cool que Netflix ait pu remettre ça au goût du jour. Cependant, j’aurais préféré que ce soit une série. Shaft est un personnage trop dense pour être réduit à un film de 1h52 min.

Ce que je n’ai pas aimé

  • Jessie Usher, il a beau être très mignon, il fait pâle figure à côté de Samuel L. Jackson. Il y a un manque de charisme évident. On a dû mal à y croire quand son côté Shaft se réveille. Il sera sûrement Shaft, le personnage central, dans un prochain volet et franchement j’ai dû mal à imaginer. Toutefois, il joue très bien le personnage du black geek, gentil et propre sur lui.
BOF
  • Le scénario faiblard, tout est prévisible. Aucune surprise de mon côté. Du sang, ça tire dans tous les sens. J’aime bien être surprise quand je regarde un film et là rien! Les scénaristes ne se sont pas foulés.

Si vous voulez un film sans chichis, rigoler pendant que vous engloutissez un paquet de chips en entier, regardez Shaft! C’est divertissant et sans prétention, sinon, passez votre chemin!

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